Quels travaux modificatifs acquéreur demander en VEFA ?

photo du rédacteur
  • Article rédigé par Manuel RAVIER
  • Co-fondateur, Investissement-Locatif.com
Publié le mercredi 14 janvier 2026
Sommaire
Définition : TMA (travaux modificatifs acquéreur)
TMA vs travaux réservés
À quel moment faire ses demandes TMA ? (calendrier VEFA)
Quels travaux modificatifs demander ? 
Combien ça coûte ? (logique de prix)
Bonnes pratiques côté acquéreur (checklist)
FAQ 
tma-travaux-modificatifs-acqereurs

Quand on achète un logement neuf, on reçoit des documents techniques et une description des prestations. Sur le papier, tout semble verrouillé. En pratique, certains ajustements peuvent être envisagés, selon les choix du programme et l’avancée des travaux.

La TMA signifie “travaux modificatifs acquéreur”. En clair, vous signalez les changements souhaités par rapport à la version de départ, comme déplacer une prise, ajuster une cloison, ou déplacer un point lumineux. Le dossier est analysé, chiffré, puis accepté ou refusé selon les contraintes techniques.

Nous passerons en revue les ajustements les plus courants, les limites à connaître, le bon moment pour les envoyer et la façon de relire un document de chiffrage sans mauvaise surprise.

Définition : TMA (travaux modificatifs acquéreur)

Dans le cadre d’un achat en VEFA (vente en état futur d’achèvement), la TMA correspond aux changements demandés sur le logement, par rapport à ce qui est prévu au départ. Selon les documents, vous verrez aussi “travaux modificatifs” ou “modificatifs”.

Le but n’est pas de tout transformer. Il s’agit d’ajuster certains points, dans ce qui peut être intégré au projet, sans bloquer l’organisation ni les étapes à venir. Une demande peut être acceptée telle quelle, ajustée, ou refusée.

Exemples fréquents :

  • Ajustements électriques (prise, éclairage).

  • Changements limités sur l’aménagement intérieur, si c’est compatible.

  • Choix de finitions ou d’équipements proposés dans la gamme du programme.

À retenir : ces changements sont souvent payants. Même un point simple peut nécessiter une mise à jour des documents et une intervention sur place. La validation passe généralement par un chiffrage à signer.

Même un point simple peut nécessiter une mise à jour des documents et une intervention sur place

TMA vs travaux réservés

Travaux modificatifs acquéreur (TMA) : intégré au chantier

Ici, les changements sont réalisés pendant la construction, dans l’organisation du programme. Vous envoyez une demande écrite, puis vous recevez une réponse et, le plus souvent, un chiffrage à signer. L’intérêt est simple : la coordination est gérée par l’équipe du projet. Vous ne pilotez ni les entreprises, ni les délais.

Travaux réservés : réalisés par l’acquéreur (souvent après livraison)

Ici, vous choisissez de prendre certains travaux à votre charge, au lieu de les intégrer à la construction. Dans les faits, ils se font souvent après la remise des clés.

À retenir : ce n’est pas une option “sans coût”. C’est une autre organisation, avec d’autres effets sur le délai et la coordination.

Comment choisir entre TMA et travaux réservés

Pour décider :

  • Si cela touche des réseaux intégrés (électricité, plomberie) ou un point à traiter avant les finitions, il vaut mieux le traiter pendant la construction.

  • Si cela peut attendre la livraison sans gêner l’usage, les travaux réservés peuvent convenir.

Bon réflexe : faites votre liste tôt, puis demandez ce qui peut être fait pendant la construction et ce qui doit être gardé pour après.

À quel moment faire ses demandes TMA ? (calendrier VEFA)

Le bon timing : le plus tôt possible, une fois le plan compris

Dès que vous avez les documents, faites votre liste. Plus vous attendez, plus certains changements deviennent hors délai, parce que la zone concernée est déjà réalisée.

But : figer une liste rapidement, même si un détail évolue ensuite.

Contrat de réservation, puis acte de vente : ce que ça change

Après la signature du , une phase de recueil peut être ouverte, selon l’organisation du programme. Ensuite vient la signature de l’acte de vente (acte définitif).

Point clair : l’acte définitif ne veut pas dire que tout reste possible. L’avancement et les contraintes techniques comptent plus que la date.

“État futur d’achèvement” : l’avancement du chantier dicte les limites

En VEFA, le logement se réalise par étapes. Certaines demandes passent au début, puis deviennent impossibles une fois les réseaux posés ou les cloisons fermées.

Exemples :

  • Une prise se traite avant la fermeture des cloisons.

  • Un changement d’aménagement se traite encore plus tôt, car il peut toucher plusieurs lots.

Comment ne pas rater le créneau

Pour limiter les erreurs :

  • Classez vos demandes par priorité.

  • Envoyez un seul message clair, avec des repères sur les documents.

  • Demandez un retour écrit sur la possibilité technique et le chiffrage.

Quels travaux modificatifs demander ? 

Électricité : les demandes les plus fréquentes

C’est souvent le premier sujet, car cela change le confort au quotidien et c’est moins simple à reprendre une fois le logement terminé.

Exemples :

  • Déplacer une prise pour éviter une multiprise derrière un meuble.

  • Ajouter des prises dans une chambre, un séjour, un coin bureau.

  • Ajouter ou déplacer un point lumineux au plafond, ou une applique.

  • Prévoir des prises RJ45 ou ajuster des emplacements, selon la version de départ.

Bon réflexe : notez l’emplacement des meubles et alignez les prises sur vos usages. Vous évitez une demande imprécise.

TMA : vous signalez les changements souhaités par rapport à la version de départ

Cloisons et plan : modifier sans tout bouleverser

Les changements d’aménagement existent, mais restent encadrés. Les ajustements simples passent mieux que ceux qui touchent aux gaines techniques ou aux réseaux.

Exemples :

  • Ajuster une cloison non porteuse pour agrandir un placard.

  • Déplacer une porte intérieure.

  • Regrouper deux espaces si la technique le permet.

Ce qui bloque souvent : un changement qui impose de déplacer une gaine, un tableau, une évacuation, ou de revoir trop de lots. Dans ce cas, une étude technique est demandée, ou la demande est refusée.

Plomberie, salle d’eau, cuisine : faisable, mais avec limites

La plomberie est plus contrainte, car les évacuations, les pentes et les colonnes techniques imposent des règles.

Exemples :

  • Déplacer un point d’eau sur une courte distance, si les réservations le permettent.

  • Ajuster l’implantation d’équipements quand plusieurs configurations existent.

  • Prévoir des attentes pour une future cuisine, si c’est accepté et intégré aux documents.

Conseil simple : décrivez l’objectif et l’emplacement exact. Indiquez une option de repli si vous en avez une.

Finitions et options : parfois traité comme “modificatifs acquéreur”

Selon les programmes, une partie des changements passe par un catalogue d’options. C’est souvent plus simple, car le cadre technique est déjà prévu.

Exemples :

  • Revêtements de sol ou faïence.

  • Portes, placards, équipements selon gamme.

  • Pré-équipement, selon offres.

Gardez une trace écrite de ce qui est choisi et validé.

TMA ou travaux réservés : la règle pratique

Si la demande doit être faite pendant la construction ou avant les finitions, elle se traite dans le cadre du programme. Si elle peut attendre la livraison sans gêner l’usage, les travaux réservés peuvent être une option.

Exemples :

  • Ajouter des prises : à traiter pendant la construction.

  • Peinture décorative, aménagements légers : souvent après.

La plomberie est plus contrainte, car les évacuations, les pentes et les colonnes techniques imposent des règles.

Combien ça coûte ? (logique de prix)

Il n’y a pas de “tarif TMA” unique

Le coût dépend de votre demande, du moment où elle arrive, et de ses effets sur l’organisation. Deux demandes proches peuvent avoir des montants différents selon la configuration et l’avancement.

Ce qui fait monter le devis modificatif

Le montant augmente surtout quand la demande :

  • Touche plusieurs lots.

  • Déplace un élément technique plutôt que d’ajouter un point simple.

  • Demande une reprise des documents et de la coordination.

  • Arrive tard.

Dans ces cas, des coûts supplémentaires peuvent apparaître.

Comment lire un devis modificatif sans se tromper

Avant de signer, vérifiez :

  • La description, l’emplacement, la quantité.

  • Les intitulés trop vagues.

  • L’impact sur le délai si la demande est lourde.

Si un point est flou, demandez un écrit plus précis.

Comment garder le budget sous contrôle

Méthode simple :

  • Commencez par quelques demandes prioritaires.

  • Ajoutez le confort ensuite.

  • Si le montant est trop haut, demandez une variante ou gardez une partie pour après.

Processus complet : de la demande au devis modificatif

 

Étape

Objectif

Ce que vous faites (concret)

À vérifier / éviter

Étape 1 — Lister vos demandes, avec un plan sous les yeux

Poser une base claire, exploitable

Faites une liste courte (1 ligne = 1 point). Ajoutez la pièce, le mur concerné, et un repère sur les documents. Exemples : “Séjour : déplacer la prise TV de 60 cm vers la droite, mur A.” / “Chambre 2 : ajouter 2 prises près du futur bureau, mur B.” / “Entrée : inverser le sens d’ouverture de la porte du placard, si possible.”

Évitez les formulations vagues (“ajouter des prises” sans pièce, sans emplacement).

Étape 2 — Prioriser (indispensable vs confort)

Gérer le budget et les refus possibles

Classez en 2 niveaux : Indispensable (réseaux, cloisons, points d’eau) vs Confort (à traiter plus tard).

Ne mélangez pas tout au même niveau, sinon vous perdez du temps si une partie est refusée ou trop chère.

Étape 3 — Envoyer une demande TMA propre (une seule demande, pas dix messages)

Réduire les retours et les erreurs

Regroupez tout dans un seul document ou message : liste des points, document annoté si possible, phrase claire : “merci de confirmer la possibilité technique, le chiffrage, ou une variante.”

Évitez les envois en plusieurs fois, les versions multiples, les ajouts “au fil de l’eau” sans historique.

Étape 4 — Étude de faisabilité (maître d’œuvre et technique)

Savoir si c’est réalisable et à quelles conditions

Les équipes techniques vérifient la possibilité, la conformité, et l’impact sur le délai. Résultat : accepté, refusé, ou accepté avec ajustements.

Demandez un retour clair sur ce qui est retenu, et sur la variante proposée si la version initiale est refusée.

Étape 5 — Chiffrage et devis modificatif

Obtenir un document validable

Si c’est validé, vous recevez un chiffrage qui décrit les postes et les conditions. Relisez chaque ligne.

Vérifiez que les détails sont écrits (emplacement, quantité, pièce). Refusez les lignes trop floues.

Étape 6 — Validation par l’acquéreur, puis intégration chantier

Lancer l’exécution et garder une trace

Une fois le chiffrage signé, le point est intégré au suivi. Un document mis à jour peut être transmis si un changement d’aménagement a été validé. Gardez un dossier complet (messages, réponses, documents, versions).

Ne signez pas si un point reste ambigu. Conservez toutes les versions pour comparer à la livraison.

 

Bonnes pratiques côté acquéreur (checklist)

Préparez une liste claire, pas une idée vague

Avant d’envoyer vos demandes, mettez tout au propre :

  • Une demande par ligne.

  • La pièce.

  • L’emplacement exact, avec un repère clair.

Pensez “usage” avant de penser “travaux”

Posez-vous des questions simples : bureau, TV, lampes, box internet, aspirateur, rangements. Ensuite, traduisez cela en points concrets.

Regroupez vos demandes en une seule fois

Évitez les envois par petites touches. Une liste regroupée se traite mieux et limite les erreurs.

Vérifiez les détails qui font perdre du temps

Sens d’ouverture, emplacement exact, hauteur, quantité. Si possible, annotez le document.

Gardez une trace écrite de tout

Conservez messages, réponses, chiffrages signés, documents mis à jour. En cas d’écart à la livraison, vous comparez vite.

Les changements d’aménagement existent, mais restent encadrés

Bonnes pratiques côté promoteur / plateforme (mise en relation)

  • Centraliser les messages, sinon ça se disperse.

  • Regrouper pièces jointes et validations au même endroit.

  • Mettre un statut clair sur chaque sujet (reçue, en étude, acceptée, refusée, chiffrée, validée, intégrée au suivi).

  • Poser un cadre dès le début (format attendu, date limite, délais indicatifs, règles sur les points acceptés).

  • Rédiger des chiffrages lisibles (ce qui change, où, combien, conditions), pas des lignes vagues.

  • Séparer ce qui se traite pendant la construction et ce qui se fait après, sans tout mélanger.

FAQ 

Quand envoyer vos demandes TMA ?

Dans beaucoup de programmes, la demande de travaux modificatifs acquéreur se fait dans le mois qui suit la signature du contrat de réservation.​
Plus vous formulez vos demandes tôt, plus vous avez de chances qu’elles soient compatibles avec l’avancement du chantier.​​

Le promoteur a-t-il un délai pour répondre ?

Certains acteurs indiquent un délai de réponse d’environ 4 semaines, et en tout cas avant la signature de l’acte de vente chez le notaire.​​

Le promoteur peut-il refuser une demande TMA ?

Oui, un promoteur peut refuser une demande, notamment si elle arrive trop tard dans l’avancement des travaux ou si elle complique l’organisation du chantier.​​​​

Y a-t-il un acompte à payer sur les TMA ?

Il est fréquent que le devis soit associé à un acompte, par exemple 50% à l’acceptation du devis, avec le solde à payer plus tard (souvent à la livraison selon les cas).​​​

L’arrêté liste quoi, concrètement ?

La liste mentionne notamment certains travaux de finition ou d’équipements (ex. équipements sanitaires, carrelage mural, revêtement de sol hors isolation, convecteurs électriques sous conditions, décoration des murs).​

Source : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000039334376

Ces articles pourraient aussi vous intéresser

  • investissement-bureaux

    L'immobilier de bureaux offre des rendements attractifs et une sécurité accrue grâce à des baux commerciaux, surpassant le résidentiel. Bien choisir l'emplacement, comprendre les besoins des entreprises et maîtriser la fiscalité permettent de maximiser la rentabilité et minimiser les risques.

    Lire l'article
  • budget-2026-ce-qui-change-pour-les-proprietaires

    Le budget 2026 prévoit plusieurs pistes pour soutenir l’immobilier : inciter à vendre via une réforme de la taxation des plus-values, rendre la location nue plus attractive (micro-foncier, statut du bailleur privé) et encourager l’accession avec un PTZ renforcé. Il mise aussi sur la rénovation énergétique en prolongeant un levier fiscal lié au déficit foncier pour améliorer le DPE. En parallèle, la location meublée (LMNP) serait moins favorisée, notamment avec des prélèvements sociaux plus élevés que la location vide.

    Lire l'article
  • contrat-de-reservation-vefa

    Le contrat de réservation en VEFA (contrat préliminaire) fixe par écrit le logement visé, le prix de vente prévisionnel et les conditions avant l’acte signé chez le notaire. Il peut prévoir un dépôt de garantie et l’acheteur bénéficie d’un délai légal de rétractation de 10 jours après notification

    Lire l'article