Négocier le prix immobilier en 2026 : quelle marge demander et quels arguments utiliser ?
Négocier le prix immobilier en 2026 : les points clés à retenir
Code civil (art. 1601-3), Code de la construction et de l'habitation (art. L.261-11 et suivants, art. L.271-1), Code général des impôts (art. 278-0 bis A)
- La marge de négociation moyenne s'établit à 5,2 % du prix affiché au premier semestre 2026, sur huit transactions sur dix négociées (Laforêt, S1 2026).
- Le délai de vente médian atteint 101 jours en 2026, soit 5 jours de plus qu'un an plus tôt.
- L'acquéreur non professionnel dispose d'un délai de rétractation de 10 jours calendaires après la signature du compromis de vente (art. L.271-1 du CCH).
- La clause suspensive d'obtention de prêt (art. L.313-41 du Code de la consommation) permet d'annuler l'achat sans perdre le dépôt de garantie en cas de refus de financement.
- En VEFA, le prix contractuel reste peu négociable après signature ; seuls les lots invendus et les prestations additionnelles offrent une marge réelle.
En 2026, la marge de négociation moyenne s'élève à 5,2 % du prix affiché (Laforêt, S1 2026). Elle grimpe à 8 % sur un bien à rénover ou en vente depuis plus de 100 jours. Le bon argument compte plus que le bon feeling.
Le marché a changé de camp. Pendant dix ans, les vendeurs fixaient le prix et les acheteurs payaient. Ce n'est plus le cas en 2026. Le stock de biens à vendre a bondi de 10,4 % en un an, et le délai de vente médian atteint 101 jours. Huit transactions sur dix font désormais l'objet d'une négociation. Pour un investisseur locatif, cette marge n'est pas un détail : elle conditionne le rendement, la mensualité, et la solidité du dossier bancaire.
Pourquoi négocier le prix vaut mieux qu'attendre une baisse de taux ?
Beaucoup d'investisseurs repoussent leur achat en espérant des taux plus bas. Le calcul dit l'inverse. 💡 Le levier le plus puissant n'est pas le taux, c'est le prix. Voici pourquoi, chiffres à l'appui.
Ce que coûte une hausse de 50 points de base sur votre mensualité
Prenons un cas concret :
- Un bien à 171 587 €, frais de notaire compris, financé sur 25 ans, sans apport. Le capital emprunté atteint 184 456 €
- À 3,35 %, la mensualité assurance comprise ressort à 964 €
- À 3,85 %, elle grimpe à 1 014 €. L'écart est de 50 € par mois. Sur 25 ans, cela représente près de 15 000 € de coût supplémentaire.
Ce n'est pas rien. Mais ce n'est pas non plus ce qui décide de la viabilité d'un projet locatif. C'est un paramètre d'ajustement, pas un verrou à l'achat.
Pour visualiser l'effet complet sur cette opération, voici le détail chiffré avant et après la hausse de taux, sur ce même bien de 171 587 € :
| Paramètre | Taux à 3,35 % | Taux à 3,85 % |
|---|---|---|
| Prix d'acquisition | 171 587 € | 171 587 € |
| Capital emprunté, frais inclus | 184 456 € | 184 456 € |
| Mensualité, assurance comprise | 964 € | 1 014 € |
| Cash-flow mensuel avant impôt | 48 € | −2 € |
| Rendement brut | 9,23 % | 9,23 % |
Hypothèses : loyer de 1 320 €/mois hors charges, 4 % de vacance locative, 900 € de charges non récupérables et 1 100 € de taxe foncière par an, 7 % de frais de gestion, assurance emprunteur à 0,36 % du capital. Calcul avant impôt.
Pourquoi le taux se renégocie et le prix d'achat jamais ?
Un crédit à 3,85 % peut être racheté ou renégocié si les conditions se détendent dans trois ou cinq ans. C'est une opération courante, presque banale.
Le prix payé au vendeur, lui, ne bouge plus. Il est inscrit dans l'acte authentique, publié au service de la publicité foncière. Aucune évolution de marché ne le fera baisser rétroactivement.
C'est la différence fondamentale entre les deux leviers :
- Le taux est une variable réversible, négociable après coup, indépendante du bien.
- Le prix d'achat est une variable définitive, fixée une fois pour toutes à la signature.
- Négocier le prix améliore le rendement pour toute la durée de détention.
- Négocier le taux n'améliore que la charge de remboursement, jamais le rendement brut.
La décote agit sur le rendement, pas seulement sur la mensualité
Une hausse de taux alourdit la mensualité, mais laisse le rendement brut inchangé. Ni le loyer, ni le prix ne bougent.
Une décote agit différemment. Elle réduit le dénominateur du calcul de rendement. Sur notre exemple, 8 % négociés font passer le rendement brut de 9,23 % à 10,03 %. Cet écart de 80 points de base vous suit sur toute la durée de détention, et il se retrouve à la revente.
Chez Investissement-Locatif.com, nos opérations clé en main visent un rendement locatif compris entre 3 et 8,5 % selon les villes et les stratégies patrimoniales. La négociation du prix reste le premier levier pour atteindre le haut de cette fourchette.
Quelle marge pour négocier le prix immobilier en 2026 ?
La question que tout investisseur se pose n'est pas « peut-on négocier », mais « combien ». La réponse dépend du bien, de la ville, et du temps qu'il est resté en vitrine.
5,2 % : un premier repère pour négocier le prix d'achat
Selon Laforêt, la marge moyenne obtenue au premier semestre 2026 s'établit à 5,2 % du prix affiché, sur huit ventes sur dix négociées. Ce chiffre sert de point de départ à toute négociation.
Chez l'Adresse, 77 % des agences constatent une hausse de ces marges depuis un an. 37 % déclarent désormais négocier plus de 8 %, contre 25 % un trimestre plus tôt. La tendance est claire : elle monte.
Le chiffre de « 5 à 15 % » vu ailleurs : pourquoi on ne le reprend pas
Vous avez peut-être vu, sur d'autres sites, des marges annoncées entre 5 et 10 %, voire jusqu'à 15 %. Ce chiffre circule beaucoup. Il n'est appuyé par aucune source vérifiable, ni par un observatoire, ni par une étude datée.
Le chiffre de 5,2 % a l'avantage d'être daté, sourcé, et vérifiable auprès de Laforêt. C'est celui que nous retenons comme repère central.
Quand négocier moins de 5,2 % ou demander davantage ?
Trois situations font varier votre marge cible :
- Marché tendu (Paris, grandes métropoles) : visez 3 à 4 %, sauf défaut objectif du bien.
- Marché équilibré (villes moyennes dynamiques) : visez 5 à 7 %, le repère national s'applique bien.
- Marché détendu ou bien à défaut (délai long, travaux, DPE F ou G) : visez 8 % et plus, à condition de chiffrer chaque argument.
À Paris, la marge moyenne n'est que de 3,6 %, en hausse de 0,6 point sur un an, malgré un marché où neuf ventes sur dix font l'objet d'une discussion. Viser 8 % dans ce contexte, sans argument solide, relève du vœu pieux.
Adapter sa marge selon le prix, les défauts et le marché local
Trois curseurs déterminent votre marge réaliste sur un bien précis : le prix au mètre carré comparé au marché local, l'état du bien, et le temps déjà passé en vente. Plus ces trois éléments jouent en votre faveur, plus la marge grimpe.
Tableau : situation du bien, marge et levier de négociation
Voici, situation par situation, la marge qu'il est raisonnable de viser et l'argument à mettre en avant pour l'obtenir :
| Situation du bien | Marge réaliste | Levier principal à utiliser |
|---|---|---|
| Prix aligné, bien en bon état, vente rapide | 2 à 3 % | Rapidité de l'offre, dossier de financement solide |
| En vente depuis plus de 101 jours (délai médian) | 5 à 8 % | Historique de mise en vente, prix mal calibré |
| Travaux à prévoir (cuisine, salle de bain, électricité) | 5 à 10 % | Devis chiffrés ligne par ligne |
| DPE classé F ou G | 8 à 15 % | Coût de la rénovation énergétique, interdiction locative à venir |
| Charges de copropriété élevées ou travaux votés | 4 à 7 % | Procès-verbaux d'assemblée générale, appels de fonds |
| Bien surestimé par rapport aux comparables du quartier | 5 à 9 % | Annonces comparables datées et documentées |
Une fois la marge cible posée, encore faut-il savoir quels arguments la justifient concrètement face au vendeur.
Quels arguments pour négocier le prix d'un bien immobilier ?
Un prix ne baisse jamais parce qu'on le demande poliment. Il baisse parce qu'un argument chiffré rend la baisse légitime aux yeux du vendeur.
Travaux à prévoir : transformer les devis en argument de négociation
« Il y a des travaux » ne fait baisser aucun prix. Un devis ligne par ligne, si. Le coût moyen d'une rénovation énergétique complète s'établit à 742 €/m², selon l'étude Ithaque mise à jour le 28 août 2026.
Sur un bien de 50 m², cela représente 37 000 € que le vendeur ne peut pas contester, puisqu'ils sont documentés. Ajoutez-y le taux de TVA réduit à 5,5 % applicable aux travaux d'amélioration énergétique, confirmé par la doctrine fiscale du 9 septembre 2026 (article 278-0 bis A du Code général des impôts). Votre chiffrage devient alors opposable, presque impossible à discuter.
DPE défavorable : chiffrer le coût et le risque locatif
Le diagnostic de performance énergétique n'est plus un simple indicateur. C'est un levier de négociation à part entière, et un risque locatif réel.
La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 interdit déjà la location des logements classés G depuis le 1er janvier 2025. Les logements classés F seront à leur tour interdits à la location au 1er janvier 2028. Pour un investisseur locatif, un DPE F ou G n'est pas un détail : c'est une charge de travaux obligatoire à intégrer dans le prix.
Chiffrez le coût de la rénovation, ajoutez le risque de vacance locative pendant les travaux, et présentez ce total comme base de négociation. Un vendeur informé de cette échéance légale négocie plus facilement.
Charges élevées : intégrer les dépenses futures dans la négociation
Des charges de copropriété élevées, ou des travaux votés en assemblée générale, pèsent directement sur votre cash-flow futur. Demandez systématiquement les trois derniers procès-verbaux d'assemblée générale et le carnet d'entretien de l'immeuble.
Un ravalement de façade voté mais non payé, un ascenseur à remplacer, une toiture à refaire : ces éléments sont vérifiables, datés, et deviennent un argument de négociation immédiatement crédible.
Prix supérieur au marché : s'appuyer sur les biens comparables
Comparez le prix au m² affiché avec trois à cinq biens similaires vendus récemment dans le même quartier. Les données des notaires et les portails d'annonces permettent ce comparatif en quelques minutes.
Un prix affiché 12 % au-dessus du marché local ne se négocie pas de la même façon qu'un prix déjà aligné. Documentez l'écart, présentez-le au vendeur ou à son agent, et laissez les chiffres parler.
Rentabilité insuffisante : justifier une baisse du prix d'achat
Pour un investissement locatif, le prix doit permettre d'atteindre un rendement cohérent avec votre stratégie. Si le loyer de marché ne suffit pas à couvrir le prix affiché, dites-le clairement, chiffres à l'appui.
Un vendeur qui comprend que son prix exclut mécaniquement les investisseurs locatifs, la catégorie d'acheteurs la plus nombreuse dans certaines villes, a intérêt à revoir sa position.
Délai de vente élevé : renforcer sa position pour négocier
Le délai de vente médian atteint 101 jours en 2026, cinq de plus qu'un an plus tôt (Laforêt, S1 2026). Un bien affiché depuis plus de quatre mois signale un prix mal calibré, et un vendeur déjà disposé à revoir ses attentes.
C'est sur ces biens-là que les marges les plus fortes se négocient, pas sur une annonce publiée la veille.
Une fois les arguments réunis, il reste à savoir jusqu'où vous pouvez aller sans dépasser le prix qui préserve votre rentabilité.
Comment calculer le prix maximum avant de négocier ?
Négocier sans plafond, c'est négocier à l'aveugle. Le prix maximum se calcule avant la visite, jamais pendant.
Partir du rendement locatif que vous exigez
Fixez d'abord le rendement brut minimum que vous visez pour ce projet. Chez Investissement-Locatif.com, nos opérations ciblent un rendement compris entre 3 et 8,5 % selon la stratégie patrimoniale retenue : cash-flow immédiat, capitalisation à long terme, ou optimisation fiscale.
Divisez le loyer annuel attendu par ce taux de rendement cible. Vous obtenez un prix d'acquisition théorique, avant même de visiter le bien.
Intégrer les travaux, frais d'acquisition et charges
Ce prix théorique ne doit pas rester brut. Retranchez les frais de notaire (environ 7,5 % dans l'ancien), le montant des travaux identifiés, et une provision pour charges non récupérables.
Voici les postes à intégrer systématiquement dans ce calcul :
- Frais de notaire, environ 7 à 8 % dans l'ancien.
- Travaux chiffrés par devis, pas estimés à la louche.
- Frais de dossier bancaire et de garantie.
- Charges de copropriété non récupérables sur le locataire.
- Taxe foncière annuelle.
- Frais de gestion locative, si délégation à une agence.
Comparer le prix affiché avec votre prix cible
Une fois ce prix maximum calculé, comparez-le au prix affiché. L'écart entre les deux vous donne directement votre marge de négociation à demander, sans avoir à deviner.
Si l'écart dépasse 15 %, interrogez-vous sur la pertinence du bien lui-même, plutôt que sur votre capacité à négocier davantage.
Déterminer votre marge de sécurité avant de négocier
Gardez toujours une marge de sécurité entre votre prix maximum théorique et le prix que vous proposez réellement. Cette marge absorbe les imprévus : un devis sous-évalué, un délai de travaux plus long, une vacance locative imprévue.
C'est cette discipline, plus que le talent de négociateur, qui protège la rentabilité d'un investissement locatif sur 20 ou 25 ans.
Le calcul du prix maximum ne suffit pas seul. Encore faut-il adapter votre approche à la situation réelle du vendeur en face de vous.
Quel argument utiliser selon la situation du vendeur ?
Un même argument ne fonctionne pas de la même façon selon le profil du vendeur. Comprendre sa situation change la stratégie à adopter.
Bien en vente depuis longtemps : miser sur une transaction rapide
Face à un vendeur fatigué par des mois de visites infructueuses, la rapidité devient votre meilleur argument. Une offre ferme, avec financement pré-validé, pèse souvent plus qu'un prix légèrement supérieur mais incertain.
Baisse de prix récente : éviter de négocier sans justification
Si le vendeur a déjà baissé son prix récemment, il estime avoir fait un effort. Négocier à nouveau sans argument nouveau risque de braquer la discussion. Appuyez-vous plutôt sur un élément qu'il n'a pas encore intégré : un devis, un DPE, une charge de copropriété.
Vente urgente : privilégier une offre sécurisée
Mutation professionnelle, succession, divorce : certaines ventes sont motivées par l'urgence plus que par le prix. Dans ce cas, une offre sécurisée, sans condition suspensive superflue, et avec un financement déjà cadré, peut valoir davantage qu'une remise agressive.
Plusieurs acheteurs : défendre une offre cohérente
Face à la concurrence d'autres acquéreurs, ne cédez pas à la surenchère. Défendez une offre cohérente avec votre calcul de rentabilité. Un investisseur locatif qui paie au-delà de son prix maximum théorique dégrade son rendement pour toute la durée de détention.
Reste à savoir comment présenter cette offre, sans transformer la négociation en rapport de force.
Comment négocier un prix inférieur sans braquer le vendeur ?
La forme compte presque autant que le fond. Une offre mal présentée peut faire échouer une négociation pourtant justifiée.
Annoncer un prix précis plutôt qu'une remise arbitraire
Proposez un prix net, chiffré, plutôt qu'un pourcentage de remise abstrait. « 163 000 € » se discute mieux que « 5 % de moins ». Le premier ancre une négociation sur un montant réel, le second invite à marchander sans fin.
Appuyer chaque argument sur un chiffre ou un document
Un devis, un procès-verbal d'assemblée générale, une comparaison de biens similaires : chaque baisse demandée doit s'appuyer sur une pièce vérifiable. Le vendeur discute un chiffre documenté, il ne discute pas une impression.
Montrer que votre offre peut être rapidement concrétisée
Une attestation de financement, une simulation bancaire pré-validée, une disponibilité rapide pour signer : ces éléments rassurent le vendeur sur le sérieux de votre offre, et facilitent l'acceptation d'un prix plus bas.
Fixer votre prix plafond avant de négocier
Définissez votre prix maximum avant d'entrer en négociation, jamais pendant. C'est la meilleure protection contre l'emballement d'une discussion en direct, ou d'une surenchère improvisée.
Négociation immobilière : combien économiser selon la baisse ?
Une marge négociée ne se mesure pas seulement en euros sur le prix. Elle se mesure en mensualité, en cash-flow, et en rendement sur toute la durée du crédit.
Exemple avec une baisse de 3 %, 5,2 % et 8 %
Reprenons notre bien à 171 587 €, financé sur 25 ans, avec un taux à 3,85 %, celui constaté début septembre 2026 après la hausse de la Banque centrale européenne du 10 septembre.
| Scénario | Prix négocié | Mensualité | Cash-flow mensuel | Rendement brut |
|---|---|---|---|---|
| Prix plein | 171 587 € | 1 014 € | −2 € | 9,23 % |
| Décote de 3 % | 166 439 € | 984 € | 28 € | 9,52 % |
| Décote de 5,2 % | 162 664 € | 963 € | 49 € | 9,74 % |
| Décote de 8 % | 157 860 € | 933 € | 79 € | 10,03 % |
Mêmes hypothèses que le tableau précédent. Calcul avant impôt.
Calculer l'économie réalisée sur le prix d'achat
Sur cette opération, une décote de 5,2 % représente environ 8 900 € négociés. Une décote de 8 % représente environ 13 700 €. Ce n'est pas un détail comptable : c'est un capital qui reste dans votre poche, ou qui finance vos premiers travaux.
Mesurer l'effet de la négociation sur le rendement
La décote agit directement sur le dénominateur du calcul de rendement. Entre le prix plein et une décote de 8 %, le rendement brut passe de 9,23 % à 10,03 %, soit 80 points de base gagnés définitivement.
Comparer la remise obtenue au coût du financement
Une décote de 5,2 % efface exactement l'effet d'une hausse de taux de 50 points de base sur cette opération. C'est le point central de ce calcul : négocier comme la moyenne des acheteurs en 2026 suffit à neutraliser la hausse des taux récente.
📢 Bon à savoir : l'Observatoire Crédit Logement/CSA distingue les taux réellement signés, avec quelques semaines de décalage, des barèmes affichés par les courtiers en temps réel. Comparer les deux sans le savoir fausse tous les calculs de mensualité.
La négociation ne s'arrête pas à l'ancien. Le neuf, et même une vente déjà engagée, laissent encore de la marge.
VEFA ou offre acceptée : peut-on encore négocier le prix ?
Beaucoup d'investisseurs pensent que la négociation s'arrête à l'achat dans l'ancien, ou une fois une offre acceptée. C'est inexact dans les deux cas, à des degrés différents.
Quels leviers utiliser pour négocier le prix en VEFA ?
La vente en l'état futur d'achèvement est définie par l'article 1601-3 du Code civil, et encadrée par les articles L.261-1 et suivants du Code de la construction et de l'habitation (CCH). Le prix affiché en VEFA est généralement plus rigide que dans l'ancien, car il reflète un prix de revient calculé par le promoteur.
Cela ne signifie pas qu'il n'y a aucune marge. Trois leviers restent mobilisables :
- Négocier sur les lots restants en fin de commercialisation, souvent les moins demandés.
- Obtenir une remise sur les frais de notaire, déjà réduits dans le neuf, via une prise en charge partielle par le promoteur.
- Négocier des prestations incluses plutôt qu'une baisse de prix : cuisine équipée, parking, cave.
Négocier une remise ou obtenir des prestations supplémentaires
Sur un programme neuf, les promoteurs acceptent plus facilement d'ajouter de la valeur que de baisser le prix affiché. Une cuisine équipée offerte, un parking inclus, ou une place de stationnement supplémentaire ont un impact équivalent à une remise, sans toucher au prix contractuel.
Peut-on renégocier le prix après une offre acceptée ?
Dans l'ancien, une offre acceptée n'est pas définitivement figée. L'acquéreur non professionnel dispose d'un délai de rétractation de 10 jours calendaires après la signature du compromis de vente, prévu par l'article L.271-1 du Code de la construction et de l'habitation, issu de la loi Macron de 2015.
Ce délai ne sert pas uniquement à se rétracter. Il permet aussi de faire valoir un élément découvert après l'offre : un diagnostic défavorable, un devis de travaux plus élevé que prévu, une information nouvelle sur la copropriété.
Dans quels cas une nouvelle négociation reste possible ?
Passé ce délai de 10 jours, les conditions suspensives du compromis restent votre principal levier. La clause suspensive d'obtention de prêt, encadrée par l'article L.313-41 du Code de la consommation, permet de renoncer à l'achat si le financement est refusé, sans perdre le dépôt de garantie.
Un défaut découvert lors des diagnostics obligatoires, ou une surprise révélée par le procès-verbal d'assemblée générale, peut également justifier de rouvrir la discussion sur le prix avant la signature de l'acte authentique. Le vendeur, lui, ne dispose d'aucun droit de rétractation symétrique après la signature du compromis.
Comment négocier le prix immobilier en 2026 en 6 étapes ?
Une négociation réussie suit un ordre précis. Sauter une étape revient presque toujours à perdre en marge de manœuvre.
Calculer sa marge de négociation
Partez du repère national de 5,2 %, puis ajustez-le selon la ville, le délai de vente et l'état du bien. Vous obtenez une fourchette réaliste avant même la première visite.
Identifier les arguments les plus solides
Classez vos arguments par ordre de poids : DPE défavorable, travaux chiffrés, délai de vente, comparables de marché. Priorisez ceux que vous pouvez documenter immédiatement.
Chiffrer chaque défaut avant de négocier
Un devis d'artisan, une étude de rénovation énergétique, un relevé de charges : chaque argument doit s'accompagner d'un chiffre vérifiable, jamais d'une estimation approximative.
Définir son prix cible et son prix plafond
Fixez deux montants distincts : le prix que vous espérez obtenir, et le prix maximum que vous ne dépasserez pas, quelle que soit la pression de la négociation.
Présenter son offre au vendeur
Formulez une offre écrite, précise, avec une date de validité claire et la mention de votre capacité de financement. Une offre datée oblige le vendeur à se positionner rapidement.
Vérifier la rentabilité après négociation
Une fois le prix négocié obtenu, recalculez le rendement brut, le cash-flow mensuel, et la mensualité réelle. C'est cette vérification finale qui confirme si l'opération correspond toujours à votre stratégie patrimoniale.
Prix immobilier 2026 : préparez votre stratégie de négociation
La marge moyenne de négociation atteint 5,2 % en 2026, et elle suffit à effacer une hausse de taux de 50 points de base. Au-delà, l'acheteur devient gagnant net sur son rendement, pas seulement sur sa mensualité.
Le prix négocié est définitif, contrairement au taux, qui se renégocie. C'est la raison pour laquelle un investisseur locatif averti concentre son énergie sur le prix, chiffre chaque argument, et garde toujours un prix plafond en tête avant de signer.
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FAQ
Une offre d'achat écrite engage-t-elle juridiquement l'acheteur ?
Oui, dès lors qu'elle est signée et acceptée par le vendeur dans les mêmes termes, elle vaut engagement selon les règles du droit des contrats du Code civil. C'est pourquoi il faut toujours fixer une date de validité précise, et ne signer qu'après avoir vérifié son plan de financement.
Le vendeur peut-il revenir sur un prix accepté oralement ?
Oui, tant qu'aucun écrit n'a été signé, un accord oral sur le prix n'engage ni le vendeur ni l'acheteur. Seule la signature du compromis ou de la promesse de vente formalise juridiquement l'accord sur le prix.
Faut-il faire estimer un bien avant de négocier ?
Une estimation notariale ou une évaluation par un professionnel local renforce fortement votre position. Elle transforme une négociation sur ressenti en discussion basée sur des données de marché vérifiables, notamment via les bases de données notariales de transactions.
Peut-on négocier les frais d'agence en plus du prix du bien ?
Oui, dans certains cas, notamment lorsque les frais d'agence sont à la charge de l'acquéreur. Cette négociation se mène séparément du prix du bien, directement avec l'agence, et dépend du mandat signé avec le vendeur.
Le DPE va-t-il continuer à peser sur les prix après 2026 ?
Oui. L'interdiction de location des logements classés F entrera en vigueur au 1er janvier 2028, après celle des logements classés G depuis le 1er janvier 2025. Cette échéance légale, fixée par la loi Climat et Résilience, va continuer à alimenter la décote sur les biens énergivores dans les prochaines années.
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