LMNP ou Jeanbrun en 2026 : quel régime choisir pour votre investissement locatif ?
LMNP ou Jeanbrun en 2026 : les points clés à retenir
Articles 31 (I, 1°, i et j), 39 C, 50-0, 150 VB, 155 IV et 156 (I, 3°) du CGI, article L136-8 du Code de la sécurité sociale, loi n° 2025-127 du 14 février 2025
- Le dispositif Jeanbrun concerne les logements collectifs loués nus, achetés entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028
- L'amortissement Jeanbrun va de 3 % à 5,5 % par an, dans la limite de 8 000 € à 12 000 € par foyer
- Le déficit foncier Jeanbrun s'impute sur le revenu global jusqu'à 10 700 € par an
- Le LMNP conserve un amortissement sans plafond, mais il ne peut pas créer de déficit
- Les prélèvements sociaux sont de 18,6 % en LMNP et de 17,2 % en location nue
En 2026, le LMNP reste le meilleur choix pour viser des loyers libres et un cash-flow solide. Le dispositif Jeanbrun convient surtout aux foyers imposés à 30 % ou plus. Il amortit la location nue et crée un déficit imputable sur vos autres revenus. En échange, vous acceptez neuf ans de loyers plafonnés.
Pendant des années, la question ne se posait pas. Pour amortir un bien, il fallait le louer meublé. La loi de finances pour 2026 a changé la donne. Depuis le 21 février 2026, la location nue peut aussi profiter d'un amortissement fiscal. C'est le dispositif Jeanbrun, aussi appelé statut du bailleur privé. Faut-il pour autant abandonner le LMNP ? Pas forcément. Les deux régimes répondent à des objectifs différents. L'un privilégie la défiscalisation, l'autre la rentabilité locative.
LMNP et Jeanbrun : deux stratégies locatives aux fiscalités distinctes
Avant de comparer les chiffres, il faut comprendre la logique de chaque régime. Le LMNP et le Jeanbrun reposent tous deux sur l'amortissement. Pourtant, ils ne relèvent pas de la même catégorie d'impôt. Cette différence change tout : imputation des déficits, prélèvements sociaux, liberté des loyers.
Location meublée en BIC ou location nue en revenus fonciers
Le LMNP concerne la location meublée. Vos loyers sont imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Le statut est encadré par l'article 155 du Code général des impôts. Vous fixez librement votre loyer, dans le respect de l'encadrement local s'il existe.
Le dispositif Jeanbrun concerne uniquement la location nue. Vos loyers relèvent des revenus fonciers, au régime réel. Le texte de référence est l'article 31, I, 1°, i et j du CGI. Il a été créé par l'article 47 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026. En contrepartie de l'amortissement, l'État impose des loyers plafonnés.
Cette frontière BIC / revenus fonciers a des conséquences très concrètes. Le tableau suivant résume l'essentiel.
| Critère | LMNP (régime réel) | Dispositif Jeanbrun |
|---|---|---|
| Type de location | Meublée | Nue, résidence principale |
| Catégorie fiscale | BIC | Revenus fonciers |
| Loyer | Libre | Plafonné (3 niveaux) |
| Amortissement | Par composants, sans plafond | 3 % à 5,5 % sur 80 % du prix |
| Plafond annuel | Aucun | 8 000 € à 12 000 € par foyer |
| Déficit sur revenu global | Non | Oui, jusqu'à 10 700 € |
| Prélèvements sociaux | 18,6 % | 17,2 % |
| Durée d'engagement | Aucune | 9 ans minimum |
| Fenêtre d'achat | Régime permanent | 21/02/2026 au 31/12/2028 |
Peut-on cumuler LMNP et dispositif Jeanbrun sur un même logement ?
La réponse est non. Un même logement ne peut pas être à la fois meublé et nu. Le Jeanbrun exige une location nue, déclarée en revenus fonciers. Le LMNP exige une location meublée, déclarée en BIC. Les deux sont donc incompatibles sur un seul bien.
En revanche, rien ne vous empêche de détenir les deux dans votre patrimoine. Beaucoup d'investisseurs combinent déjà un studio meublé et un appartement loué nu. Le premier génère du cash-flow. Le second réduit l'impôt sur les salaires. C'est souvent la stratégie la plus équilibrée.
Attention aussi aux autres cumuls. Pour un même logement, le Jeanbrun exclut le micro-foncier. Il n'est pas cumulable non plus avec le Pinel, le Denormandie ou le Malraux. Le plafond d'amortissement s'apprécie enfin par foyer fiscal, tous logements Jeanbrun confondus.
Dispositif Jeanbrun 2026 : l'amortissement arrive en location nue
Le Jeanbrun est la vraie nouveauté fiscale de l'année. Il s'inscrit dans le plan Relance Logement, annoncé le 23 janvier 2026. Le contexte l'explique : l'offre locative a reculé d'environ 15 % en cinq ans. À Paris, le stock de biens à louer a chuté de 67 % depuis 2021, selon SeLoger. L'État veut donc remettre les particuliers au cœur de la production de logements. Voyons d'abord quels biens sont concernés, puis comment le dispositif fonctionne.
Du Pinel au bailleur privé : biens éligibles, zonage et calendrier
Le Pinel s'est éteint le 31 décembre 2024. Il offrait une réduction d'impôt, limitée aux zones A bis, A et B1. Le Jeanbrun change complètement de logique. Il ne réduit pas l'impôt directement. Il diminue la base imposable grâce à l'amortissement.
Autre différence majeure : le zonage ne conditionne plus l'éligibilité. Vous pouvez investir partout en France, y compris en zones B2 et C. Le zonage sert uniquement à fixer les plafonds de loyers et de ressources.
Voici les conditions à remplir pour le bien :
- Le logement doit se situer dans un bâtiment d'habitation collectif, au sens de l'article L111-1 du Code de la construction et de l'habitation.
- Il peut être neuf, acheté en VEFA ou construit à votre demande.
- Il peut aussi être ancien, avec des travaux d'au moins 30 % du prix d'acquisition.
- Dans l'ancien, les travaux doivent permettre d'atteindre une étiquette DPE A ou B.
- L'acte authentique doit être signé entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028.
- Les maisons individuelles restent exclues à ce jour.
Un point de vigilance sur l'actualité. Le projet de loi Relance et décentralisation du logement prévoit d'assouplir l'ancien. Il ouvrirait le dispositif aux maisons anciennes et remplacerait le seuil de 30 % par un gain de classes DPE. Le Sénat l'a adopté le 8 juillet 2026. Mais au 3 octobre 2026, le texte n'est pas définitivement voté. Seules les règles de la loi de finances s'appliquent aujourd'hui.
Amortissement Jeanbrun de 3,5 % à 5,5 % et plafonds annuels
Le principe est simple. Chaque année, vous déduisez une fraction du prix du bien de vos loyers. La base d'amortissement correspond à 80 % du prix d'acquisition net de frais. Les 20 % restants représentent forfaitairement le terrain, qui ne s'amortit pas. Dans l'ancien, le montant des travaux s'ajoute au prix.
L'amortissement démarre le premier jour du mois d'achèvement de l'immeuble. Si vous achetez plus tard, il démarre au mois de l'acquisition. Le taux dépend du type de bien et du niveau de loyer choisi.
| Niveau de loyer | Taux dans le neuf | Taux dans l'ancien rénové | Plafond annuel par foyer |
|---|---|---|---|
| Intermédiaire | 3,5 % | 3 % | 8 000 € |
| Social | 4,5 % | 3,5 % | 10 000 € |
| Très social | 5,5 % | 4 % | 12 000 € |
Le plafond de base est de 8 000 € par an et par foyer fiscal. Il passe à 10 000 € ou 12 000 € sous condition. Il faut qu'au moins 50 % des loyers bruts Jeanbrun proviennent de location sociale ou très sociale.
Prenons un exemple. Vous achetez un T2 neuf à 220 000 € en loyer intermédiaire. La base amortissable est de 176 000 €. L'amortissement annuel atteint 6 160 €, sous le plafond de 8 000 €. Sur neuf ans, vous déduisez 55 440 €. 📊
L'amortissement peut continuer après les neuf ans. Il suffit que le bien reste loué nu et génère des revenus fonciers. Le cumul ne peut toutefois jamais dépasser 80 % du prix d'acquisition.
Loyers plafonnés, ressources des locataires et engagement de 9 ans
L'amortissement a une contrepartie : vous louez moins cher que le marché. En loyer intermédiaire, la décote tourne autour de 15 %. Elle atteint environ 30 % en social et 45 % en très social.
Le plafond intermédiaire suit la grille nationale du logement intermédiaire. Il s'applique au mètre carré de surface utile, hors charges. On le multiplie ensuite par un coefficient de surface : 0,7 + 19 / surface, plafonné à 1,2. Voici les valeurs 2026 publiées par l'administration fiscale en mars 2026.
| Zone | Plafond intermédiaire 2026 (€/m²/mois) | Exemples de territoires |
|---|---|---|
| A bis | 19,71 € | Paris et petite couronne |
| A | 14,64 € | Agglomérations très tendues, Côte d'Azur |
| B1 | 11,80 € | Grandes métropoles régionales |
| B2 | 10,26 € | Villes moyennes |
| C | 10,26 € | Reste du territoire |
Les plafonds social et très social ne sont pas fixés par zone. Ils sont définis commune par commune, par renvoi au barème Loc'Avantages. Vérifiez-les toujours pour la commune exacte de votre bien.
Vos engagements de bailleur sont stricts :
- Louer nu, à titre de résidence principale du locataire, pendant neuf ans minimum.
- Mettre le logement en location dans les 12 mois suivant l'achèvement ou l'acquisition.
- Respecter les plafonds de loyer et de ressources à la signature du bail.
- Ne pas louer à un membre du foyer fiscal, à un parent ou allié jusqu'au 2e degré.
- Exercer l'option irrévocable dans la déclaration de revenus de l'année d'achèvement ou d'acquisition.
En cas de manquement, la sanction est lourde. Le revenu foncier de l'année est majoré de tous les amortissements déjà déduits. Une revente anticipée produit le même effet.
Le déficit foncier imputable sur le revenu global
C'est l'arme fiscale qui distingue le Jeanbrun du LMNP. L'amortissement entre dans le calcul du résultat foncier. S'il crée un déficit, celui-ci peut réduire votre revenu global : salaires, pensions, bénéfices.
La limite est fixée par l'article 156, I, 3° du CGI. Elle s'élève à 10 700 € par an et par foyer. Elle est portée à 21 400 € pour certaines dépenses de rénovation énergétique. Ce doublement a été prolongé jusqu'au 31 décembre 2027.
Une règle technique compte beaucoup. La part du déficit liée aux intérêts d'emprunt ne s'impute que sur les revenus fonciers. Seule la part issue des autres charges et de l'amortissement réduit le revenu global. Le surplus se reporte sur vos revenus fonciers des dix années suivantes.
Concrètement, un foyer imposé à 30 % qui impute 8 000 € économise 2 400 € d'impôt. À 41 %, l'économie atteint 3 280 €. Et ce, chaque année tant que le déficit existe. Le LMNP ne permet jamais cela : son amortissement reste confiné aux revenus de location meublée.
Statut LMNP en 2026 : ce qui change pour le loueur en meublé
Face au Jeanbrun, le LMNP n'a pas disparu. Il sort même plutôt renforcé des débats budgétaires. Le plafonnement de l'amortissement à 2 % a été rejeté. Mais deux réformes pèsent sur votre rentabilité : les prélèvements sociaux et la plus-value. Avant de les analyser, revenons sur les conditions d'accès au statut.
Conditions d'accès au LMNP : micro-BIC ou régime réel ?
Vous êtes LMNP tant que vous n'êtes pas loueur professionnel. L'article 155, IV du CGI fixe la frontière. Vous basculez en LMP seulement si deux conditions sont réunies.
Pour rester LMNP, il suffit de remplir l'une de ces conditions :
- Vos recettes de location meublée ne dépassent pas 23 000 € par an.
- Ou elles ne dépassent pas les autres revenus d'activité de votre foyer.
- Le logement est loué meublé, avec le mobilier minimum prévu par décret.
- Vous déclarez votre activité et obtenez un numéro SIRET.
Vous choisissez ensuite entre deux régimes fiscaux. Le micro-BIC, prévu à l'article 50-0 du CGI, applique un abattement forfaitaire. Le régime réel déduit vos charges réelles et l'amortissement. Depuis la loi Le Meur n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, les seuils diffèrent selon le type de meublé.
| Type de location meublée | Plafond micro-BIC 2026 | Abattement forfaitaire |
|---|---|---|
| Longue durée (bail classique, étudiant, mobilité) | 83 600 € | 50 % |
| Meublé de tourisme classé | 77 700 € | 50 % |
| Meublé de tourisme non classé | 15 000 € | 30 % |
Le micro-BIC séduit par sa simplicité. Mais dès que vous empruntez, le régime réel l'emporte presque toujours. Les intérêts, la taxe foncière et l'amortissement dépassent vite 50 % des loyers.
Amortissement par composants et prélèvements sociaux à 18,6 %
Au réel, le LMNP repose sur l'amortissement par composants. Chaque partie du bien s'amortit sur sa durée d'usage. Le terrain, lui, ne s'amortit pas.
Voici les durées le plus souvent retenues :
- Gros œuvre et structure : 40 à 50 ans.
- Toiture, façade et étanchéité : 20 à 25 ans.
- Installations techniques (électricité, plomberie, chauffage) : 15 à 20 ans.
- Agencements intérieurs : 10 à 15 ans.
- Mobilier et équipements : 5 à 7 ans.
En moyenne, l'amortissement du bâti représente 2,5 % à 4 % de sa valeur par an. Il n'est soumis à aucun plafond annuel. C'est un avantage net face au Jeanbrun.
Une limite existe cependant. L'article 39 C du CGI interdit à l'amortissement de créer un déficit. La fraction non utilisée n'est pas perdue. Elle se reporte sans limite de durée sur les bénéfices futurs.
Côté prélèvements sociaux, la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale a changé la donne. Son article 12 relève la CSG sur les revenus du patrimoine. Les revenus LMNP passent de 17,2 % à 18,6 % de prélèvements sociaux. La location nue, elle, reste à 17,2 %.
Faut-il s'en inquiéter ? Pas vraiment au régime réel. Les prélèvements portent uniquement sur un résultat positif. Si votre amortissement neutralise vos loyers, la hausse ne vous coûte rien. Sur 10 000 € de bénéfice imposable, elle représente environ 140 € par an.
Plus-value en LMNP : la réintégration des amortissements à la revente
C'est la réforme la plus structurante pour votre stratégie de sortie. Elle vient de l'article 84 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025. Elle modifie l'article 150 VB du CGI. Elle s'applique aux cessions réalisées depuis le 15 février 2025.
Le principe est simple. Les amortissements déduits pendant la location diminuent votre prix d'acquisition fiscal. Votre plus-value imposable augmente d'autant. Un studio amorti de 48 000 € sur douze ans voit sa plus-value gonfler de 48 000 €.
Cette plus-value reste taxée selon le régime des particuliers. Elle supporte 19 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux. Le taux de 18,6 % ne s'applique pas aux plus-values immobilières. Les abattements pour durée de détention restent inchangés. Vous êtes exonéré d'impôt après 22 ans et de prélèvements sociaux après 30 ans.
Trois catégories échappent à la réintégration : les résidences étudiantes, les résidences seniors et les EHPAD. C'est un argument fort pour les investisseurs qui envisagent une revente avant quinze ans. Pour approfondir, consultez notre guide sur la plus-value en LMNP.
Comparatif LMNP vs Jeanbrun : fiscalité, rentabilité et contraintes
Vous connaissez maintenant les règles de chaque régime. Reste la vraie question : lequel rapporte le plus ? La réponse dépend de quatre leviers. L'amortissement, le niveau de loyer, la gestion et la sortie. Analysons-les un par un, avant de passer à une simulation chiffrée.
Amortissement : quel régime fiscal déduit le plus ?
Pour bien comparer les deux dispositifs, il faut regarder non seulement le montant amorti, mais aussi l'impact réel sur votre fiscalité. Le tableau ci-dessous résume les principales différences :
| Critère | LMNP | Jeanbrun |
|---|---|---|
| Amortissement | Plus important, sans plafond annuel fixe | Plafonné à 8 000 € par foyer |
| Exemple sur 200 000 € | Environ 6 000 à 7 000 € par an, mobilier compris | Jusqu'à 8 000 € par an |
| Création d'un déficit | ❌ Non, l'amortissement ne peut pas créer de déficit | ✅ Oui, le déficit peut réduire les revenus imposables |
| Effet fiscal principal | Réduit ou efface les loyers meublés imposables | Peut réduire directement l'impôt sur les revenus du foyer |
| Impact de la TMI | Moins déterminant | Plus la TMI est élevée, plus le déficit peut être intéressant |
| À la revente | Les amortissements sont réintégrés dans le calcul de la plus-value | Les amortissements déduits sont également réintégrés |
| À retenir | Plus d'amortissement, mais limité aux revenus LMNP | Moins flexible, mais potentiellement plus avantageux fiscalement selon la TMI |
En résumé : le LMNP permet généralement d'amortir davantage, tandis que le Jeanbrun peut offrir une économie d'impôt plus forte grâce au déficit.
Loyers libres ou encadrés : l'effet sur le rendement locatif
Pour mesurer l'intérêt de chaque dispositif, il faut aussi comparer le niveau de loyer autorisé et son impact direct sur le rendement locatif :
| Critère | LMNP | Jeanbrun |
|---|---|---|
| Niveau des loyers | Loyers généralement plus élevés | Loyers encadrés par des plafonds |
| Écart de loyer | Environ 10 à 20 % plus cher qu'un logement nu | Location sous le niveau du marché |
| Exemple : T2 de 45 m² en zone B1 | 780 €/mois | Environ 596 €/mois en Jeanbrun intermédiaire |
| Loyer annuel | 9 360 € | 7 152 € |
| Écart annuel | - | 2 208 € de moins par an |
| Impact sur le rendement | Potentiel de rendement locatif plus élevé | Rendement potentiellement réduit par le plafonnement |
| Avantage principal | Liberté de fixer un loyer au marché | Avantage fiscal en contrepartie d'un loyer encadré |
À retenir : le LMNP conserve un avantage sur le niveau des loyers, tandis que le Jeanbrun échange une partie du rendement locatif contre un avantage fiscal.
Chez Investissement-Locatif.com, notre rendement visé se situe entre 3 % et 8,5 % brut. Le haut de cette fourchette s'atteint surtout en LMNP, dans des villes moyennes bien choisies. Le Jeanbrun se positionne plutôt sur le bas de la fourchette. Son intérêt est fiscal avant d'être locatif.
Gestion, obligations déclaratives et conditions de sortie
Les deux dispositifs impliquent des obligations administratives, mais les contraintes ne portent pas sur les mêmes aspects. Voici les principales différences au quotidien :
| Critère | LMNP réel | Jeanbrun |
|---|---|---|
| Déclaration fiscale | Dépôt annuel d'une liasse fiscale 2031 | Déclaration via l'imprimé 2044 au régime réel foncier |
| Comptabilité | Comptabilité plus poussée, souvent avec l'aide d'un expert-comptable | Gestion déclarative généralement plus simple |
| Gestion locative | Rotation des locataires souvent plus fréquente | Engagement locatif plus long |
| Mobilier | Inventaire et entretien du mobilier à prévoir | Pas de mobilier spécifique à gérer |
| Justificatifs | Conservation des pièces comptables et justificatifs | Conservation des justificatifs de loyers et de ressources pendant l'engagement |
| Durée d'engagement | Pas de blocage de 9 ans spécifique au régime | Engagement de location de 9 ans |
| Revente | Revente possible sans engagement fiscal Jeanbrun | Revente anticipée pouvant entraîner une reprise de l'avantage fiscal |
| Principale contrainte | Gestion comptable et mobilier | Engagement locatif et respect des conditions du dispositif |
La sortie est le vrai juge de paix. En LMNP, vous pouvez vendre quand vous voulez. La fiscalité de la plus-value sera simplement plus lourde si vous vendez tôt. En Jeanbrun, une vente avant neuf ans annule l'avantage fiscal. Votre capital est donc immobilisé plus longtemps.
Simulation chiffrée : un même appartement en Jeanbrun et en LMNP
Rien ne vaut un exemple complet. Prenons un appartement ancien de 45 m² dans une métropole de zone B1. Le prix d'achat est de 150 000 €. Les travaux atteignent 50 000 €, soit 33 % du prix. Le DPE passe en classe B après rénovation. Le bien est donc éligible au Jeanbrun.
Les frais de notaire s'élèvent à 12 000 €. En LMNP, on ajoute 6 000 € de mobilier. Le crédit est de 180 000 €, avec environ 6 400 € d'intérêts la première année. Les charges non récupérables (taxe foncière, copropriété, assurance, gestion) atteignent 1 900 € en nu. En meublé, elles montent à 2 300 € avec l'expert-comptable.
En Jeanbrun intermédiaire, le loyer plafond se calcule ainsi : 11,80 € × (0,7 + 19/45) × 45 m². On obtient environ 596 € par mois. L'amortissement vaut 3 % de 160 000 €, soit 4 800 €. En LMNP, le loyer de marché meublé est de 780 € par mois. L'amortissement total atteint environ 7 000 €.
| Année 1 | Jeanbrun (intermédiaire) | LMNP (régime réel) |
|---|---|---|
| Loyers annuels | 7 152 € | 9 360 € |
| Charges et intérêts | 8 300 € | 8 700 € |
| Amortissement déduit | 4 800 € | 660 € (6 340 € reportés) |
| Résultat fiscal | − 5 948 € (déficit) | 0 € |
| Économie d'impôt à TMI 30 % | + 1 784 € | 0 € |
| Trésorerie après impôt, TMI 30 % | + 636 € | + 660 € |
| Trésorerie après impôt, TMI 41 % | + 1 291 € | + 660 € |
| Rendement brut | 3,4 % | 4,3 % |
Trésorerie calculée hors remboursement du capital emprunté.
Que retenir ? À 30 % de TMI, les deux régimes font presque jeu égal la première année. À 41 %, le Jeanbrun prend nettement l'avantage. Le déficit de 5 948 € s'impute entièrement sur le revenu global. Il reste en effet sous la limite de 10 700 € et provient des charges hors intérêts.
Mais le match évolue dans le temps. En LMNP, les loyers suivent le marché à chaque relocation. Le stock de 6 340 € d'amortissement reporté protège aussi vos futurs bénéfices. En Jeanbrun, les intérêts baissent chaque année et le déficit fond progressivement.
À la revente, les deux régimes réintègrent leurs amortissements. Au bout de neuf ans, le Jeanbrun en a déduit 43 200 €. Le LMNP en a déduit uniquement la part réellement utilisée. Votre horizon de sortie pèse donc autant que votre TMI.
Jeanbrun ou LMNP : quel régime selon votre profil d'investisseur ?
Les chiffres ne suffisent pas. Le bon régime dépend aussi de qui vous êtes. Votre niveau d'imposition, votre épargne, votre tolérance au risque. Votre envie de vous impliquer ou non dans la gestion. Voici nos recommandations selon les profils que nous rencontrons le plus souvent.
Contribuable fortement imposé avec une TMI de 30 % à 45 %
Pour vous, le Jeanbrun mérite une étude sérieuse. Votre problème n'est pas le cash-flow. C'est l'impôt sur vos salaires. Or le Jeanbrun est le seul régime qui permet de l'attaquer directement.
À 41 % de TMI, chaque euro de déficit imputé vaut 41 centimes d'impôt en moins. À 45 %, il vaut 45 centimes. Avec un déficit imputable de 10 700 €, l'économie peut dépasser 4 800 € par an.
Autre atout : vos revenus fonciers restent soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux. En LMNP, vous passeriez à 18,6 % sur un éventuel bénéfice. Pour un foyer très imposé, le différentiel joue sur la durée.
Le LMNP reste toutefois pertinent pour vous, en complément. Il neutralise l'impôt sur les loyers sans contrainte de plafond. Une stratégie mixte fonctionne souvent très bien.
Investisseur en quête de cash-flow ou primo-investisseur prudent
Si votre objectif est un revenu complémentaire, le LMNP s'impose. Les loyers libres et la demande soutenue font la différence. Les étudiants, les jeunes actifs et les salariés en mobilité recherchent des logements meublés.
Voici ce qui oriente vers le LMNP :
- Vous êtes imposé à 11 % ou 0 %, et le déficit Jeanbrun aurait peu de valeur.
- Vous cherchez un cash-flow positif ou proche de l'équilibre dès la première année.
- Vous voulez garder la liberté de vendre avant neuf ans.
- Vous visez des villes moyennes où le rendement brut peut approcher 7 % à 8,5 %.
- Vous préférez déléguer entièrement la gestion à un professionnel.
Pour un primo-investisseur, la flexibilité compte beaucoup. Un premier achat sert aussi à apprendre. Un engagement de neuf ans sous plafond de loyer peut freiner un deuxième projet. Plus de deux clients sur trois réalisent d'ailleurs un second investissement avec nous. Le premier bien doit donc rester mobilisable.
Neuf, ancien à rénover ou résidence services : quel dispositif ?
Le type de bien oriente souvent le choix du régime. Dans le neuf, le Jeanbrun offre ses meilleurs taux : jusqu'à 5,5 %. En contrepartie, le prix au mètre carré est plus élevé. Les frais de notaire réduits compensent en partie.
Dans l'ancien à rénover, les deux régimes sont possibles. Le Jeanbrun exige 30 % de travaux et un DPE A ou B. C'est une rénovation lourde, à confier à des professionnels. Le LMNP n'impose aucun seuil. Les travaux s'amortissent simplement avec le bien.
C'est d'ailleurs notre cœur de métier depuis 2012. Nous achetons, rénovons et meublons des biens anciens pour nos clients, clé en main. Dans les villes moyennes, cette approche permet de viser le haut de notre fourchette de rendement.
Les résidences services relèvent quasi exclusivement du LMNP. Le bail commercial avec un exploitant garantit des loyers réguliers. Surtout, les résidences étudiantes, seniors et les EHPAD échappent à la réintégration des amortissements. Le Jeanbrun ne s'y applique pas : il exige une résidence principale louée nue.
Les erreurs à éviter avant d'investir en Jeanbrun ou en LMNP
Après des milliers d'opérations, nous voyons revenir les mêmes pièges. Les voici, pour que vous les évitiez.
- Choisir le Jeanbrun avec une TMI faible, alors que le déficit ne réduit presque aucun impôt.
- Acheter un bien trop cher en Jeanbrun, au-delà du point où l'amortissement est plafonné.
- Oublier de vérifier le plafond de loyer social ou très social de la commune exacte.
- Rester au micro-BIC en LMNP malgré un crédit et des charges élevées.
- Vendre un bien LMNP après quelques années sans anticiper la réintégration des amortissements.
- Louer un bien Jeanbrun à un proche, ce qui fait tomber l'avantage fiscal.
- Signer un achat ancien en comptant sur la réforme du seuil de travaux, pas encore votée.
Dernière erreur, et non des moindres : se fier aux réseaux sociaux. Seuls les textes publiés font foi. Vérifiez toujours sur Légifrance, sur le Bofip ou sur Service-Public.fr.
LMNP ou Jeanbrun : faites le bon choix et passez à l'action
Le Jeanbrun et le LMNP ne s'opposent pas. Ils répondent à deux besoins différents. Le Jeanbrun réduit l'impôt sur vos salaires, en échange de neuf ans de loyers plafonnés. Il convient surtout aux foyers imposés à 30 % ou plus, avec une épargne stable. Le LMNP maximise vos loyers et votre souplesse. Il reste le régime de référence pour bâtir du cash-flow et un patrimoine durable.
La fenêtre du Jeanbrun est courte : jusqu'au 31 décembre 2028. Le LMNP, lui, reste un régime permanent, préservé par la loi de finances pour 2026. Dans les deux cas, la clé est la même. Définir votre objectif avant de choisir votre bien.
Vous hésitez encore entre les deux ? C'est normal, et c'est précisément notre métier. Nos conseillers comparent les deux régimes sur votre situation réelle, revente comprise. Prenez rendez-vous par téléphone au 01 84 17 67 60, ou dans nos bureaux de Paris, Lyon ou Lille. Vous pouvez aussi télécharger notre guide LMNP 2026 pour approfondir. Votre prochain investissement commence par une bonne stratégie. 🚀
FAQ
L'avantage Jeanbrun entre-t-il dans le plafonnement des niches fiscales ?
Non. L'avantage tiré de l'amortissement Jeanbrun n'est pas pris en compte dans le plafonnement global des niches fiscales, fixé à 10 000 € par an. Vous pouvez donc le combiner avec d'autres réductions d'impôt, comme l'emploi à domicile ou la garde d'enfants, sans risquer de les voir rabotées.
Peut-on investir en Jeanbrun à travers une SCI ?
Oui, à condition que la société ne soit pas soumise à l'impôt sur les sociétés. Une SCI à l'impôt sur le revenu, dont les loyers relèvent des revenus fonciers, est éligible. Chaque associé déduit sa quote-part d'amortissement. Les associés doivent en revanche conserver leurs parts pendant toute la durée de l'engagement de neuf ans.
Un achat en démembrement de propriété est-il compatible avec le Jeanbrun ?
Non, les acquisitions en démembrement sont exclues du dispositif. Une exception existe en cas de décès de l'un des époux soumis à imposition commune : le conjoint survivant, titulaire de l'usufruit, peut alors reprendre l'engagement. Si vous envisagez un montage en nue-propriété, le Jeanbrun n'est donc pas l'outil adapté.
Quelles démarches faut-il accomplir pour démarrer une activité LMNP ?
Vous devez déclarer le début de votre activité dans les quinze jours suivant la première mise en location. La démarche s'effectue en ligne sur le guichet unique des formalités d'entreprises, géré par l'INPI. Vous obtenez ensuite un numéro SIRET, indispensable pour déposer votre déclaration de résultat et opter pour le régime réel.
Une partie de la CSG payée en LMNP est-elle déductible ?
Oui. Même avec le passage à 18,6 % de prélèvements sociaux, la fraction de CSG déductible reste fixée à 6,8 %. Elle vient réduire votre revenu imposable de l'année suivante. Ce mécanisme atténue légèrement le coût réel de la hausse pour les loueurs en meublé qui dégagent un bénéfice imposable
LES CONSEILS DE MANUEL