Simulation impôt location meublée : micro-BIC ou réel ?
Simulation impôt location meublée : les points clés à retenir
Articles 39 C, 50-0, 150 VB et 155 IV du CGI, article L. 136-8 du Code de la sécurité sociale, loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, loi n° 2025-127 du 14 février 2025
- Au micro-BIC, l'abattement est de 50 % jusqu'à 83 600 € de recettes, et de 30 % jusqu'à 15 000 € pour un meublé de tourisme non classé
- Au régime réel, les charges et l'amortissement du bien sont déductibles, mais l'amortissement ne peut pas créer de déficit
- Le régime réel devient souvent plus avantageux quand les charges et amortissements dépassent la moitié des loyers
- Depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits sont réintégrés dans la plus-value à la revente, sauf pour les résidences services
- Les prélèvements sociaux sont de 18,6 % sur les revenus LMNP et de 17,2 % sur la plus-value de revente.
Pour simuler l'impôt d'une location meublée en 2026, faites deux calculs. Au micro-BIC, un abattement de 50 % s'applique aux loyers jusqu'à 83 600 €. Au régime réel, vous déduisez vos charges et l'amortissement du bien. Gardez le régime qui laisse le plus de revenus nets après impôt.
Vous louez un appartement meublé, ou vous préparez votre premier achat ? Une question revient toujours : combien d'impôts allez-vous payer sur vos loyers ? La réponse dépend d'un choix simple en apparence : micro-BIC ou régime réel. Pourtant, ce choix peut faire varier votre imposition de plusieurs milliers d'euros par an. En 2026, les règles ont bougé. Le plafond du micro-BIC passe à 83 600 €. Les prélèvements sociaux montent à 18,6 %. Les amortissements sont repris à la revente depuis 2025.
Simulation impôt location meublée : comment estimer votre impôt ?
Simuler son impôt en meublé n'a rien de sorcier. Il faut simplement suivre un ordre logique. D'abord, on rassemble les bons chiffres. Ensuite, on calcule le revenu imposable dans chaque régime. Enfin, on applique son taux d'imposition et les prélèvements sociaux.
Chez Investissement-Locatif.com, nous faisons cet exercice pour chaque projet accompagné. Et nous constatons toujours la même chose : une simulation vaut ce que valent les données qu'on y met. Commençons donc par la base, avant le moindre calcul.
Quelles informations réunir pour simuler votre impôt LMNP ?
Voici les cinq éléments indispensables pour une simulation sérieuse :
- Le montant annuel des loyers et des charges récupérées. On parle de recettes brutes encaissées sur l'année civile. Les charges refacturées au locataire en font partie.
- Le type de location. Une location meublée de longue durée, un meublé de tourisme classé ou non classé ne suivent pas les mêmes règles.
- Le régime fiscal envisagé. Le micro-BIC s'applique par défaut, le réel sur option. L'idéal est de simuler les deux.
- Les charges annuelles, les intérêts d'emprunt et les amortissements. Taxe foncière, copropriété, assurance, gestion, valeur du bien et du mobilier.
- Votre tranche marginale d'imposition et la situation du foyer. Nombre de parts, revenus du conjoint, autres revenus : tout compte.
Un point est souvent oublié. Les recettes s'apprécient pour leur montant brut. Vous ne retirez pas les charges pour vérifier le plafond du micro-BIC. Avec un loyer de 750 € charges comprises, vos recettes annuelles atteignent bien 9 000 €.
Comment calculer rapidement votre revenu imposable meublé ?
Deux méthodes de calcul s'opposent. Elles partent du même point, les recettes. Mais elles n'arrivent pas au même résultat :
- Micro-BIC : revenu imposable = recettes − abattement forfaitaire. L'abattement est de 50 % en location meublée classique et de 30 % en meublé de tourisme non classé. Il ne peut pas descendre sous 305 € (article 50-0 du CGI).
- Régime réel : revenu imposable = recettes − charges déductibles − amortissements admis. L'amortissement ne peut pas créer de déficit. L'excédent se reporte sur les années suivantes (article 39 C du CGI).
Prenons un exemple rapide :
- Vous encaissez 12 000 € de loyers par an
- Au micro-BIC, vous êtes imposé sur 6 000 €
- Au réel, vous déduisez 4 500 € de charges et 5 000 € d'amortissements
- Votre revenu imposable tombe alors à 2 500 €.
Ce revenu s'ajoute ensuite à vos autres revenus. Il est taxé à votre taux marginal, puis aux prélèvements sociaux de 18,6 %. Voici le barème 2026, applicable aux revenus 2025. Il est fixé par l'article 4 de la loi de finances pour 2026 (article 197 du CGI).
|
Revenu imposable par part (revenus 2025) |
Taux d'imposition |
|---|---|
|
Jusqu'à 11 600 € |
0 % |
|
De 11 601 € à 29 579 € |
11 % |
|
De 29 580 € à 84 577 € |
30 % |
|
De 84 578 € à 181 917 € |
41 % |
|
Au-delà de 181 917 € |
45 % |
À 30 % de TMI, chaque euro imposable en meublé vous coûte donc 48,6 centimes. Dans notre exemple, l'écart de 3 500 € de revenu imposable pèse environ 1 700 € d'impôts par an. Ce n'est pas un détail. C'est souvent l'équivalent de deux mois de loyer.
Quel simulateur utiliser pour une première estimation ?
Pour un premier ordre de grandeur, deux outils se complètent. Le simulateur officiel de l'impôt sur le revenu, sur impots.gouv.fr, calcule l'impôt de tout le foyer. Vous y saisissez le revenu BIC obtenu dans chaque régime. Vous voyez alors l'effet réel sur votre avis d'imposition.
Un simulateur spécialisé en LMNP va plus loin. Il intègre l'amortissement, le crédit et le cash-flow. C'est l'outil à privilégier pour comparer plusieurs biens avant l'achat.
Gardez toutefois une limite en tête. Une simulation reste indicative. Elle ne remplace pas une comptabilité complète, établie par un expert-comptable. La part du terrain, la ventilation par composants ou les frais d'acquisition demandent un vrai calcul.
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Location meublée en 2026 : quelles règles fiscales connaître ?
Une simulation n'a de sens que si l'on comprend les règles derrière les chiffres. La fiscalité du meublé a ses propres codes. Elle ne ressemble pas à celle de la location nue. Et elle a encore évolué entre 2025 et 2026.
Pour lire correctement vos résultats, il faut d'abord savoir dans quelle case fiscale tombent vos loyers.
Pourquoi vos revenus de location meublée relèvent-ils des BIC ?
Louer un logement meublé est considéré comme une activité commerciale. Vos loyers ne sont donc pas des revenus fonciers. Ils entrent dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, les BIC. La doctrine fiscale le précise au BOFiP, sous la référence BOI-BIC-CHAMP-40-20.
Cette différence a des effets très concrets. En location nue, vous déclarez des revenus fonciers. Vous déduisez vos charges, mais vous ne pouvez pas amortir le bien. En meublé, la logique comptable des entreprises s'applique. Le bien et les meubles peuvent être amortis. C'est tout l'intérêt du statut.
Encore faut-il que le logement soit vraiment meublé. L'article 25-4 de la loi du 6 juillet 1989 le définit comme un logement habitable immédiatement. Le décret n° 2015-981 du 31 juillet 2015 fixe la liste minimale du mobilier. Literie avec couette, plaques de cuisson, four ou micro-ondes, réfrigérateur, vaisselle, rangements, luminaires. Un logement incomplet peut être requalifié en location nue.
LMNP ou LMP : quel statut pour calculer votre impôt ?
La grande majorité des investisseurs sont loueurs en meublé non professionnels (LMNP). Le statut de loueur en meublé professionnel (LMP) répond à des critères précis, posés par l'article 155, IV du CGI. Vous êtes LMP si deux conditions sont réunies en même temps :
- Les recettes annuelles de location meublée du foyer fiscal dépassent 23 000 €.
- Ces recettes dépassent les autres revenus d'activité du foyer : salaires, BIC, BNC, bénéfices agricoles, rémunérations de gérant.
Si l'une des deux conditions manque, vous restez LMNP. Depuis la décision du Conseil constitutionnel n° 2017-689 QPC du 8 février 2018, l'inscription au registre du commerce n'est plus exigée.
Pourquoi est-ce important pour votre simulation ? En LMP, les cotisations sociales des indépendants remplacent les prélèvements sociaux. La plus-value de revente suit le régime professionnel. Un salarié qui loue deux studios reste presque toujours LMNP. Un retraité aux pensions modestes peut, lui, basculer en LMP plus vite qu'il ne le pense.
Un cas particulier mérite votre attention. En location de courte durée, des recettes supérieures à 23 000 € entraînent l'affiliation à la Sécurité sociale des indépendants. Cela vaut même en LMNP, selon l'article L. 613-1 du Code de la sécurité sociale.
Fiscalité meublée : quels changements prendre en compte en 2026 ?
En 2026, plusieurs textes encadrent votre imposition. Voici ce qui change concrètement pour vos simulations :
- Plafonds micro-BIC revalorisés. Pour les recettes 2026, le seuil passe de 77 700 € à 83 600 € en meublé classique. Cette revalorisation triennale découle de l'article 50-0 du CGI.
- Meublés de tourisme encadrés. La loi Le Meur n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 limite les non classés à 15 000 € et 30 % d'abattement, depuis les revenus 2025.
- Prélèvements sociaux à 18,6 %. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 relève la CSG de 9,2 % à 10,6 %. Le nouveau taux s'applique dès les revenus 2025.
- Amortissements repris à la revente. L'article 84 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 modifie l'article 150 VB du CGI. Les cessions intervenues depuis le 15 février 2025 sont concernées.
- Statut LMNP maintenu. La loi de finances n° 2026-103 du 19 février 2026 conserve le micro-BIC, le réel et l'amortissement. Le plafonnement de l'amortissement, débattu à l'automne 2025, n'a pas été retenu.
Un détail compte pour la revente. La hausse à 18,6 % vise le bénéfice annuel de location meublée. La plus-value immobilière des particuliers reste, elle, soumise à 17,2 % de prélèvements sociaux.
En clair, le meublé reste attractif en 2026. Mais il demande une simulation plus fine qu'avant. L'écart de prélèvements sociaux avec la location nue atteint 1,4 point. Sur 10 000 € de bénéfice imposable, cela représente 140 € de plus chaque année.
Micro-BIC ou régime réel : quelles différences pour l'investisseur ?
Le cœur du sujet est là. Deux régimes, deux philosophies. Le micro-BIC mise sur la simplicité. Le réel mise sur la précision. Aucun n'est meilleur dans l'absolu.
Pour bien comparer, il faut d'abord comprendre comment chacun fabrique votre revenu imposable. Commençons par le plus simple des deux.
Comment fonctionne le régime micro-BIC en location meublée ?
Le micro-BIC est le régime par défaut. Si vous ne faites aucune démarche, c'est lui qui s'applique. Vous reportez vos recettes brutes sur la déclaration complémentaire n° 2042-C-PRO. L'administration retire elle-même l'abattement forfaitaire. Service-Public.fr rappelle ce fonctionnement dans sa fiche dédiée aux revenus de location meublée.
Cet abattement est censé couvrir toutes vos charges. Taxe foncière, intérêts d'emprunt, travaux, assurance : rien n'est déductible en plus. L'amortissement du bien est également impossible. Vous payez l'impôt sur la moitié de vos loyers, quoi qu'il arrive.
Le micro-BIC séduit pour trois raisons :
- Pas de comptabilité
- Pas d'expert-comptable à payer
- Une déclaration bouclée en quelques minutes.
Pour un petit studio acheté comptant, avec peu de charges, ce confort peut suffire.
Comment fonctionne le régime réel en LMNP ?
Au régime réel, vous déclarez un vrai résultat comptable : recettes, moins charges, moins amortissements. Il s'agit du régime réel simplifié. Sous les plafonds, il s'applique sur option, valable un an et reconduite tacitement (article 50-0, 4 du CGI). Au-delà des plafonds, il s'impose de plein droit.
Les charges déductibles couvrent l'essentiel des dépenses d'un propriétaire bailleur :
- Les intérêts d'emprunt et l'assurance emprunteur.
- La taxe foncière, hors taxe d'ordures ménagères refacturée au locataire.
- Les charges de copropriété non récupérables.
- L'assurance propriétaire non occupant et la garantie loyers impayés.
- Les frais de gestion locative, d'agence et d'expert-comptable.
- Les travaux d'entretien et de réparation.
Vient ensuite l'arme principale du réel : l'amortissement. Comptablement, le bien perd de la valeur chaque année. Cette perte est déductible. Le terrain, lui, ne s'amortit pas. On retient souvent 15 à 20 % du prix pour le terrain, selon la localisation.
La méthode par composants découpe le bâti. Le gros œuvre s'amortit sur 40 à 50 ans. La toiture et la façade, sur 20 à 25 ans. Les installations techniques, sur 15 à 20 ans. Les agencements, sur 10 à 15 ans. Le mobilier s'amortit sur 5 à 10 ans. Au total, un appartement de 200 000 € génère souvent 5 000 à 6 500 € d'amortissement annuel.
Une règle encadre ce mécanisme. L'article 39 C du CGI interdit à l'amortissement de créer ou d'augmenter un déficit. La part non utilisée n'est pas perdue pour autant. Elle est reportée sans limite de durée sur les bénéfices futurs.
Le revers de la médaille ? Une comptabilité tenue selon les règles BIC. Une liasse fiscale n° 2031-SD à déposer chaque année. Et des honoraires d'expert-comptable, en général de 300 à 700 € par an pour un bien.
Quel régime réduit vraiment votre revenu imposable ?
Tout se joue sur une comparaison :
- D'un côté, l'abattement forfaitaire
- De l'autre, vos charges réelles plus vos amortissements.
Le régime gagnant est celui qui retire le plus de vos recettes.
Trois facteurs font pencher la balance. Le niveau de charges compte d'abord. Une copropriété chère ou une taxe foncière lourde favorisent le réel. Le financement pèse ensuite. Les intérêts d'emprunt sont au plus haut en début de crédit. Enfin, le prix du bien détermine l'amortissement. Plus le bâti vaut cher, plus la déduction est forte.
Le réel n'est pourtant pas gagnant à tous les coups. Un studio payé comptant, dans une ville où l'immobilier est bon marché, génère peu d'amortissement. Les frais comptables peuvent alors absorber le gain. Le réel prépare aussi une plus-value plus lourde à la revente, puisque les amortissements déduits sont réintégrés.
La bonne réponse n'est donc pas un principe. C'est un calcul, propre à votre projet.
Quels seuils et abattements micro-BIC appliquer en 2026 ?
Les seuils sont la donnée la plus sensible de votre simulation. Une erreur de plafond fausse tout le calcul. Ils dépendent de deux choses : l'année des recettes et la nature de la location. Voyons d'abord le cas le plus courant pour un investisseur : la location meublée classique.
Quel plafond micro-BIC pour une location meublée classique ?
La location meublée classique couvre le bail d'un an, le bail étudiant de neuf mois et le bail mobilité. Pour ces locations, l'abattement reste fixé à 50 %. Le plafond, lui, dépend de l'année d'encaissement des loyers. Le ministère de l'Économie détaille ces montants sur economie.gouv.fr.
|
Type de location meublée |
Abattement |
Plafond recettes 2025 (déclarées en 2026) |
Plafond recettes 2026 (déclarées en 2027) |
|---|---|---|---|
|
Location meublée longue durée |
50 % |
77 700 € |
83 600 € |
|
Meublé de tourisme classé |
50 % |
77 700 € |
83 600 € |
|
Chambres d'hôtes |
50 % |
77 700 € |
83 600 € |
|
Meublé de tourisme non classé |
30 % |
15 000 € |
15 000 € |
Retenez bien ce décalage. Au printemps 2026, vous avez déclaré vos recettes 2025 avec le seuil de 77 700 €. Au printemps 2027, vous déclarerez vos recettes 2026 avec le seuil de 83 600 €. Ce nouveau plafond vaut pour les recettes 2026 à 2028.
Un exemple pour fixer les idées. Un couple loue deux T2 meublés à 900 € par mois chacun. Ses recettes atteignent 21 600 € par an. Il reste très loin du plafond. Au micro-BIC, il serait imposé sur 10 800 €.
Meublé de tourisme classé ou non : quels seuils en 2026 ?
Le législateur a voulu freiner la location saisonnière non encadrée. La loi Le Meur a donc creusé l'écart entre meublés classés et non classés. Un meublé de tourisme est loué à une clientèle de passage, à la nuitée, à la semaine ou au mois. Le locataire n'y élit pas domicile (article L. 324-1-1 du Code du tourisme).
Le classement, d'une à cinq étoiles, est délivré après visite d'un organisme accrédité. Il est valable cinq ans. Il ouvre droit au même régime qu'une location classique : 50 % d'abattement jusqu'à 83 600 € de recettes 2026.
Sans classement, l'avantage fond. L'abattement tombe à 30 %. Le plafond chute à 15 000 €. Sur 14 000 € de recettes, un meublé non classé est imposé sur 9 800 €. Classé, il serait imposé sur 7 000 €. À 30 % de TMI, l'écart atteint environ 1 360 € par an, prélèvements sociaux compris.
Pour une activité mixte, les seuils se combinent. Le total des recettes ne doit pas dépasser 83 600 €. Dans ce total, la part des meublés non classés ne doit pas dépasser 15 000 €.
Recettes au-dessus du plafond : que se passe-t-il ?
Dépasser le plafond ne vous fait pas basculer au réel du jour au lendemain. L'article 50-0 du CGI prévoit une tolérance. Voici les règles à connaître :
- Le micro-BIC reste applicable si les recettes de l'année précédente ou de l'avant-dernière année respectent le plafond.
- Un dépassement isolé, sur une seule année, ne fait donc pas perdre le régime.
- Après deux années consécutives de dépassement, le régime réel s'applique au 1er janvier de l'année suivante.
- Le plafond du micro-BIC n'a rien à voir avec le seuil LMP de 23 000 €. On peut être LMP au micro-BIC, ou LMNP au réel.
- Le passage au réel reste toujours possible sur option, même sous les plafonds.
Prenons une propriétaire de trois meublés en longue durée. En 2026, ses recettes atteignent 86 000 €. En 2027, elles redescendent à 82 000 €. Elle conserve le micro-BIC sans interruption. Si elle avait encaissé 86 000 € en 2027 aussi, elle passerait au réel en 2028.
Simulation micro-BIC ou réel : quel régime est le plus rentable ?
Assez de théorie. Place aux chiffres. Rien ne vaut un cas concret pour mesurer l'écart entre les deux régimes. Nous avons repris un profil type, proche de ceux que nous accompagnons chaque semaine. Même bien, mêmes loyers, deux régimes d'imposition.
Exemple chiffré : même logement, mêmes loyers, deux régimes
Prenons un exemple. Un investisseur de 38 ans, cadre et célibataire, a une tranche marginale à 30 %. Il achète un T2 meublé de 42 m² dans une métropole régionale. Prix : 185 000 €. Frais de notaire : 14 000 €. Mobilier : 8 000 €. Son investissement total atteint 207 000 €.
Il emprunte 180 000 € sur 20 ans. Le loyer est fixé à 850 € par mois, soit 10 200 € par an. Le rendement brut ressort à 4,9 %. C'est au cœur de notre fourchette cible, entre 3 et 8,5 %.
Au réel, la base amortissable du bâti représente 85 % du prix et des frais, soit 169 150 €. Amortie sur 30 ans en moyenne, elle génère 5 640 € par an. Le mobilier ajoute 1 140 € par an sur sept ans. Total : 6 780 € d'amortissement annuel. Nous comparons aussi un scénario sans crédit, pour un achat comptant.
|
Poste (année 1) |
Micro-BIC |
Réel avec crédit |
Réel sans crédit |
|---|---|---|---|
|
Recettes annuelles |
10 200 € |
10 200 € |
10 200 € |
|
Abattement forfaitaire de 50 % |
− 5 100 € |
- |
- |
|
Intérêts et assurance emprunteur |
Non déductibles |
− 6 150 € |
0 € |
|
Taxe foncière, copropriété, assurance PNO |
Non déductibles |
− 2 200 € |
− 2 200 € |
|
Expert-comptable et entretien |
Non déductibles |
− 1 000 € |
− 1 000 € |
|
Résultat avant amortissement |
- |
850 € |
7 000 € |
|
Amortissement déduit |
Impossible |
− 850 € |
− 6 780 € |
|
Revenu imposable |
5 100 € |
0 € |
220 € |
|
Impôt sur le revenu (TMI 30 %) |
1 530 € |
0 € |
66 € |
|
Prélèvements sociaux (18,6 %) |
949 € |
0 € |
41 € |
|
Total impôts sur les loyers |
2 479 € |
0 € |
107 € |
Avec crédit, l'impôt sur les loyers disparaît. L'économie atteint 2 479 € la première année. Après 450 € d'honoraires comptables, le gain net dépasse encore 2 000 €. Et ce n'est pas tout. Les 5 930 € d'amortissement non utilisés sont mis en réserve. Ils serviront quand les intérêts baisseront.
Sans crédit, le réel reste gagnant. Le revenu imposable passe de 5 100 € à 220 €. Le gain avoisine 1 900 € par an, frais comptables payés.
Reste un paramètre à intégrer : la revente. Depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits augmentent la plus-value imposable. Imaginons que cet investisseur revende après dix ans, avec 30 000 € d'amortissements déduits. Les abattements pour durée de détention réduisent la base de 30 % pour l'impôt et de 8,25 % pour les prélèvements sociaux. Le surcoût atteint environ 3 990 € d'impôt sur le revenu, au taux de 19 %. S'y ajoutent environ 4 730 € de prélèvements sociaux, au taux de 17,2 %. Soit près de 8 700 € au total. Face à plus de 20 000 € d'impôts évités sur dix ans, le réel reste nettement gagnant.
À partir de quel montant de charges le réel devient-il rentable ?
Il n'existe pas de seuil universel. Le point de bascule dépend de trois variables : l'abattement, le montant des charges admises et votre taux d'imposition. Plus votre TMI est élevée, plus le réel devient vite intéressant.
Reprenons les 10 200 € de loyers de notre exemple, avec 450 € d'honoraires comptables. Le tableau indique le total de charges (hors honoraires) et d'amortissements à dépasser. Au-delà, le réel l'emporte, honoraires payés.
|
Tranche marginale (TMI) |
Taux global avec prélèvements sociaux |
Charges + amortissements à dépasser |
Part des loyers |
|---|---|---|---|
|
0 % |
18,6 % |
7 070 € |
69 % |
|
11 % |
29,6 % |
6 170 € |
60 % |
|
30 % |
48,6 % |
5 580 € |
55 % |
|
41 % |
59,6 % |
5 410 € |
53 % |
|
45 % |
63,6 % |
5 360 € |
53 % |
La lecture est simple. À 30 % de TMI, le réel gagne dès que charges et amortissements dépassent environ 55 % des loyers. Avec un crédit et un bien amortissable, ce cap est presque toujours franchi. En meublé de tourisme non classé, l'abattement n'est que de 30 %. Le point de bascule descend alors autour de 35 % des loyers.
En règle générale, le régime réel devient plus avantageux quand vos charges et amortissements dépassent la moitié de vos loyers.
Comment interpréter les résultats de votre simulation ?
Un résultat chiffré ne suffit pas. Il faut le replacer dans votre stratégie globale. Ce tableau résume les critères à peser :
|
Critère |
Micro-BIC |
Régime réel |
|---|---|---|
|
Calcul du revenu imposable |
Abattement forfaitaire |
Charges et amortissements admis |
|
Déduction des charges réelles |
Non |
Oui, sous conditions |
|
Comptabilité |
Simplifiée |
Plus complète |
|
Coût de gestion |
Généralement plus faible |
Potentiellement plus élevé |
|
Intérêt pour la rentabilité |
Simplicité |
Optimisation possible selon le projet |
Lisez vos résultats sur plusieurs années, pas seulement sur la première. Les intérêts d'emprunt baissent avec le temps. L'amortissement du mobilier s'arrête au bout de quelques années. Une simulation sur dix ans donne une image plus juste.
Intégrez aussi votre horizon de revente. Une détention courte rend la reprise des amortissements plus pesante. Une détention longue la dilue grâce aux abattements.
Notre recommandation est donc conditionnelle. Retenez le régime qui offre le meilleur résultat après impôt et après frais de gestion comptable. Il doit aussi rester cohérent avec vos objectifs patrimoniaux. Pour un investissement financé à crédit, c'est souvent le réel. Pour un petit bien payé comptant et peu chargé, le micro-BIC peut rester pertinent.
Micro-BIC ou réel : faites le bon choix pour votre investissement
Simuler l'impôt de votre location meublée prend une heure. Ne pas le faire peut coûter des milliers d'euros. En 2026, le meublé reste l'un des cadres les plus efficaces pour un investissement locatif. Le statut LMNP a survécu aux débats budgétaires. L'amortissement est intact. Mais les règles se sont durcies sur les prélèvements sociaux, la revente et les meublés de tourisme non classés.
Avant de choisir votre régime, vérifiez ces cinq points :
- ✅ Vos recettes 2026 restent-elles sous 83 600 €, ou sous 15 000 € en meublé de tourisme non classé ?
- ✅ Vos charges et amortissements dépassent-ils la moitié de vos loyers ?
- ✅ Le gain fiscal du réel couvre-t-il largement les honoraires comptables ?
- ✅ Avez-vous intégré la reprise des amortissements en cas de revente ?
- ✅ Votre statut LMNP est-il sécurisé face au seuil de 23 000 € ?
Vous n'avez pas encore choisi votre bien ? C'est le meilleur moment pour poser ces questions. Chez Investissement-Locatif.com, nous accompagnons les investisseurs depuis 2012. De la recherche du bien jusqu'à la mise en location meublée. Nos conseillers intègrent la simulation fiscale dès l'étude de votre projet.
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FAQ
Un déficit LMNP peut-il réduire l'impôt sur mes salaires ?
Non. En LMNP, le déficit ne s'impute pas sur le revenu global du foyer. Il se reporte uniquement sur les bénéfices de location meublée non professionnelle des dix années suivantes (article 156, I-1° ter du CGI). Seul le statut LMP permet une imputation sur le revenu global, sous conditions.
Dois-je payer la CFE pour une location meublée ?
Oui, en principe. La location meublée est une activité soumise à la cotisation foncière des entreprises. Elle est due dans la commune où se situe le bien. Vous êtes toutefois exonéré de la cotisation minimum si vos recettes annuelles ne dépassent pas 5 000 € (article 1647 D du CGI).
Faut-il déclarer le début de son activité de loueur meublé ?
Oui. Vous devez déclarer votre activité dans les quinze jours suivant le début de la location, sur le guichet unique de l'INPI. Cette démarche gratuite vous attribue un numéro SIRET. Il est indispensable pour déclarer vos revenus, au micro-BIC comme au réel.
Les résidences services échappent-elles à la reprise des amortissements ?
Oui. La loi de finances pour 2025 exclut de la réintégration les logements situés en résidences services pour étudiants, en résidences seniors et en EHPAD. Pour ces biens, la plus-value se calcule toujours sans réintégrer les amortissements déduits.
Louer une chambre dans sa résidence principale est-il imposable ?
Pas toujours. Les recettes tirées de la location d'une pièce de votre résidence principale peuvent être exonérées (article 35 bis du CGI). La pièce doit constituer la résidence principale du locataire, avec un loyer raisonnable selon des plafonds fixés chaque année. Pour une chambre d'hôtes, l'exonération s'applique si les recettes ne dépassent pas 760 € par an.
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